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LES ÉNERGIES RENOUVELABLES: QUELS IMPACTS POUR LE SECTEUR ÉLECTRIQUE ?

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES: QUELS IMPACTS POUR LE SECTEUR ÉLECTRIQUE ?

Le développement des énergies renouvelables, conjugué à une forte amélioration de l’efficacité énergétique , est un des axes forts pour atteindre les objectifs mondiaux en termes de réduction des gaz à effet de serre.

Ces objectifs donnent au secteur électrique une place majeure car l’exploitation de la ressource renouvelable se fait souvent par la production d’électricité.

ESSOR DE LA FILIÈRE DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Pour permettre le développement de ces filières dont les coûts n’étaient initialement pas compétitifs avec la génération électrique usuelle, les Etats européens et les Etats-Unis ont mis en place des mécanismes de soutien avec principalement des tarifs de rachats très incitatifs pour rendre plus attractives les durées de retour sur investissement pour les investisseurs.

Un fort développement des sources renouvelables peut conduire à une déformation des prix sur les marchés de l’électricité avec l’apparition de prix négatifs ! En 2015, la capacité photovoltaïque installée s’élevait à 200 GW.

L’Alliance Solaire Internationale, lancée à l’occasion de la COP21 et inaugurée en janvier 2016 en Inde à l’occasion du voyage du Président français, annonce des objectifs de 1000 GW installés d’ici 2030.

Ces nouveaux enjeux énergétiques couplés à l’évolution des marchés électriques en Europe est au cœur de la formation proposée par le Mastère Spécialisé Management des Marchés de l’Energie

 

EMERGENCE DE L’AUTO-CONSOMMATION

L’augmentation des volumes sur cette filière photovoltaïque a fait baisser les prix ce qui a conduit à une réduction progressive des tarifs de rachat.

En France, les tarifs de rachat sont désormais réservés aux installations de petites tailles, un mécanisme d’appels d’offre ayant été mis en place pour celles supérieures à 100 kW.

Simultanément, la hausse des prix/tarifs de l’électricité (en particulier pour les clients résidentiels) va conduire à de nouvelles stratégies de valorisation telle que l’autoconsommation dans le cas de bâtiments résidentiels ou tertiaires.

 

VALORISATION DE L’ÉNERGIE AUTO-CONSOMMÉE

En auto-consommation, seule une partie de la production du site est consommée car il n’y a pas toujours une adéquation parfaite entre production et demande locale.

Le surplus peut être soit injecté dans le réseau électrique soit stocké sur le site. Dans le second cas il faut investir dans un moyen de stockage (batteries par exemple) alors que dans le premier cas c’est le réseau qui assure le « stockage », le surplus pouvant être revendu avec un tarif d’achat spécifique (il faut mesurer ce surplus) ou sans (on dit alors que le compteur tourne « à l’envers », et le client paye sa consommation nette sans mesure du surplus).

Cette approche « consommation nette » peut conduire à une situation où le client a une consommation faible sur l’année et donc une facture avec la seule composante d’abonnement.

Or bien souvent l’abonnement ne reflète qu’une partie des coûts réels liés à l’infrastructure du réseau. L’autre partie étant incluse dans le prix de l’énergie. Ainsi le client profite pleinement du réseau pour assurer l’équilibre entre son site et ses besoins lorsque l’installation photovoltaïque ne produit pas, mais sans en payer tous les coûts.

Il apparaît donc que la question de l’auto-consommation nécessite de repenser les modèles pour la prise en compte des coûts réseaux

 

AUTO-CONSOMMATION ET STOCKAGE : UNE SOLUTION ADAPTÉE AUX ZONES ISOLÉES

Si le client dispose d’un moyen de stockage pour réduire sa puissance souscrite et ses besoins de pointe alors il sollicitera moins le réseau. Il ne faut pas oublier que le rôle du système électrique est d’assurer l’équilibre global en foisonnant les besoins individuels tout en garantissant une meilleure qualité de l’onde électrique (un réseau « fort » est moins sensible aux perturbations telles que les défauts, creux de tension ou harmoniques).

Aujourd’hui, des offres d’utilities sont proposées en Allemagne ou en France.

Les besoins dans le secteur tertiaire, habitat collectif ou sur bâtiments industriels, sont plus difficiles à mettre en place pour des raisons juridiques (propriété du bâtiment, contrat de fourniture d’énergie entre producteur et consommateur…).

Economiquement, le stockage trouve, à ce jour, sa véritable pertinence dans des situations où les investissements sur le réseau seraient trop onéreux :

  • des zones mal alimentées car trop éloignées de l’infrastructure principale,
  • des zones non interconnectées (insulaires),
  • ou des zones peu électrifiées comme en Afrique.

 

Auteurs

Marc Petit, Responsable pédagogique du Mastère Spécialisé Management des Marchés de l’Energie, CentraleSupélec.

Bertrand Moulaire, Ingénieur des ventes et tout particulièrement sur la zone DACH (pays germaniques Deutschland-Autriche-CH Suisse alémanique), diplômé du Mastère Spécialisé Management des Marchés de l’Energie en 2014.

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