Les technologies de l’information irriguent l’ensemble des activités économiques et sociales. Pourtant, cette omniprésence repose sur une infrastructure physique considérable dont les conséquences écologiques, sociales et sanitaires sont désormais documentées par des études scientifiques solides. Le numérique responsable désigne une démarche d’amélioration continue qui vise à réduire ces effets tout au long du cycle de vie des équipements et des produits digitaux, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie des appareils.
Ce guide propose une analyse approfondie des enjeux, du cadre réglementaire, des outils opérationnels et des compétences nécessaires pour intégrer cette approche au sein des organisations.
Comprendre le bilan écologique du secteur

Le digital est souvent perçu comme immatériel. En réalité, il repose sur environ 800 millions d’appareils en France, soit plus de 11 par habitant, auxquels s’ajoutent des millions de kilomètres de câbles sous-marins, des centaines de milliers d’antennes et des centres de données en croissance constante. Selon la mise à jour publiée par l’ADEME en janvier 2025 sur la base des chiffres de 2022, le secteur représente 4,4 % du bilan carbone national, soit 29,5 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. Son utilisation d’énergie atteint 11 % de l’électricité du pays, ce qui correspond à 51,5 TWh. Si l’on ajoute les centres situés à l’étranger pour des usages français, le total atteint 65 TWh, soit l’équivalent de la région Ile-de-France.
Répartition des effets : une cartographie en recomposition
La distribution a sensiblement évolué depuis 2020. Les équipements terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones) représentent désormais 50 % du bilan carbone, contre 79 % en 2020. Les centres de données pèsent 46 % (contre 16 % en 2020), une hausse qui s’explique par l’intégration des infrastructures hébergeant des usages français à l’étranger et par la mise en activité de nouveaux sites. Les réseaux comptent pour 4 % du total. Au niveau mondial, le secteur est à l’origine de 3,4 % des émissions de gaz à effet de serre selon l’étude GreenIT publiée en 2025.
La fabrication : le poste le plus lourd
La phase de production reste le premier contributeur : 60 % du bilan carbone en France en découle. L’extraction et l’assemblage des appareils représentent jusqu’à 80 % des conséquences si l’on considère l’ensemble des indicateurs (épuisement des ressources, usage d’eau, pollution des sols). La production d’un ordinateur de 2 kilos nécessite par exemple 800 kilos de matières premières et 1,5 tonne d’eau, selon le guide interministériel MiNumEco (2023). L’effet cumulé est massif : 117 millions de tonnes de ressources sont mobilisées chaque année en France pour la fabrication des produits technologiques, soit 1,7 tonne par habitant.
Sans action, l’ADEME projette un triplement des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 et une hausse de 80 % de l’utilisation d’énergie du secteur. Cette trajectoire pose un défi majeur pour l’ensemble de l’écosystème.
Les dimensions sociales et sanitaires

La question ne se réduit pas à l’angle écologique. Elle intègre également les répercussions sociales et les enjeux de santé publique, qui appellent une nouvelle approche de la part des entreprises, des collectivités et des clients finaux.
De l’extraction à la fin de vie : des répercussions humaines documentées
Sur le plan social, les conditions d’extraction des matières premières posent des problèmes avérés. L’UNICEF estimait en 2014 à plus de 40 000 le nombre d’enfants travaillant dans les mines de cobalt en République Démocratique du Congo, pays qui assure plus de 50 % de la production mondiale de ce minerai indispensable aux batteries lithium-ion. En fin de vie, une part des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) est encore exportée illégalement vers des pays d’Afrique et d’Asie, où leur traitement génère des pollutions graves. La durée d’utilisation des appareils est un facteur déterminant : plus elle est courte, plus les effets négatifs de la fabrication sont amplifiés.
Écrans, hyperconnexion et santé publique
Sur le plan sanitaire, les effets de l’hyperconnexion font l’objet d’une attention croissante. Le rapport remis au président de la République en avril 2024 sur l’exposition des jeunes aux écrans met en évidence des risques de sédentarité, de troubles du sommeil, de retard du développement cognitif chez les enfants exposés avant 6 ans et de fragilisation de la santé mentale chez les adolescents. Depuis juillet 2025, l’exposition des enfants de moins de 3 ans aux écrans est interdite dans les structures d’accueil collectif en France.
Le cadre réglementaire en France et en Europe
La France dispose d’un cadre législatif parmi les plus structurés au monde sur ce sujet. Deux textes principaux l’encadrent et constituent un outil de référence pour les acteurs publics et privés.
La loi AGEC : lutter contre le gaspillage

La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC), promulguée en février 2020, impose aux fournisseurs d’accès internet d’informer leurs clients sur la quantité de flux utilisés et les émissions de gaz à effet de serre associées. Elle instaure l’indice de durabilité sur certains produits électroniques, un outil d’aide à la décision pour les acheteurs. Elle oblige également les acteurs publics à acquérir au moins 20 % de biens issus du réemploi ou de la réutilisation, favorisant ainsi des pratiques d’achat durable au sein des collectivités et de l’État.
La loi REEN : cinq axes pour un modèle durable
La loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique), adoptée le 15 novembre 2021, s’articule autour de cinq objectifs : sensibiliser et former, limiter le renouvellement des appareils, développer des usages vertueux, promouvoir des centres de données moins énergivores et instaurer des stratégies territoriales dédiées. Depuis la mise en application au 1er janvier 2025, les communes et intercommunalités de plus de 50 000 habitants doivent disposer d’une feuille de route. Les collectivités concernées ont l’obligation d’intégrer un volet dédié dans leur stratégie globale. Les grandes entreprises et ETI sont également tenues de mettre en place des actions de réduction de l’utilisation d’énergie de leurs parcs informatiques.
Le cadre européen : directives et reporting
Au niveau européen, la directive sur la conception responsable impose des critères d’efficacité énergétique et de longévité aux fabricants de produits électroniques. La directive DEEE fixe des objectifs de collecte et de recyclage. Depuis juin 2025, une nouvelle étiquette obligatoire informe les clients sur la durée de vie, la durabilité et la réparabilité des smartphones. La directive CSRD, applicable depuis 2025, exige un reporting incluant la réduction des conséquences liées à l’activité digitale des entreprises.
Pour approfondir la question de la dématérialisation et de son effet réel sur le bilan carbone des systèmes d’information, CentraleSupélec Exed propose une analyse des idées reçues sur la RSE dans les SI qui déconstruit plusieurs présupposés encore largement répandus.
Concevoir des produits et solutions à moindre coût écologique

La conception responsable consiste à intégrer les critères écologiques dès la phase de création d’un produit ou d’un outil en ligne. L’objectif est de réduire les conséquences sur l’ensemble du cycle de vie : développement, hébergement, utilisation et fin de vie. Cette approche représente un axe d’amélioration majeur pour les entreprises du secteur.
Le RGESN : un référentiel opérationnel
Le Référentiel Général d’Écoconception (RGESN), publié par la DINUM, fournit un cadre structuré autour de plusieurs axes : la sobriété fonctionnelle (ne développer que les fonctionnalités répondant à un besoin avéré), l’optimisation technique (compression des ressources, réduction du poids des pages, lazy loading, optimisation des requêtes), la compatibilité avec des appareils anciens et l’adaptation aux faibles débits. Son utilisation constitue un conseil pratique pour toute entreprise souhaitant engager une démarche éco-responsable sur ses produits en ligne.
L’analyse du cycle de vie : un outil de mesure
La conception responsable s’appuie sur l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), méthodologie normée (ISO 14040/14044) qui permet de quantifier les conséquences écologiques à chaque étape de la vie d’un produit ou d’un service. En pratique, un site web éco-conçu peut réduire de 40 à 70 % le poids de ses pages par rapport à une version standard, ce qui diminue les transferts de données, la sollicitation des serveurs et l’utilisation d’énergie des terminaux.
L’hébergement constitue un autre axe d’action. Le Code de Conduite européen des centres de données fournit des bonnes pratiques en matière d’efficacité énergétique. Le choix d’un hébergeur engagé, signataire de ce code ou utilisant des énergies renouvelables, contribue à réduire le bilan global du produit hébergé.
Sobriété et gestion des équipements

La sobriété ne consiste pas à renoncer aux outils digitaux mais à en raisonner l’utilisation. Elle s’applique à trois niveaux : les appareils, les pratiques quotidiennes et la gestion des flux de données.
Allonger la durée de vie du matériel
L’allongement de la durée d’utilisation est le premier facteur de réduction des conséquences. Passer de 2 à 4 ans pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50 % son bilan, selon l’ADEME. L’INR observe que les flottes d’ordinateurs sont renouvelées en moyenne tous les 3 ans dans les entreprises, alors que leur durée de vie technique est bien supérieure. Le reconditionné constitue une alternative efficace : le bilan d’un appareil reconditionné est 2 à 4 fois inférieur à celui d’un produit neuf. Cette fenêtre d’opportunité représente un axe d’amélioration immédiat pour toute organisation.
Raisonner les pratiques au quotidien
Plusieurs habitudes permettent de diminuer l’utilisation d’énergie : privilégier le wifi à la connexion mobile (la 4G sollicite 20 fois plus de ressources qu’un réseau fixe de type ADSL), limiter le streaming vidéo en haute définition, fermer les onglets et applications inutilisés, désactiver les notifications et les mises à jour automatiques non essentielles. La réduction du volume de courriers électroniques a également un effet : l’envoi d’un email avec pièce jointe génère environ 35 g de CO2 équivalent, contre 4 g sans pièce jointe. Pour comprendre pourquoi réduire la facture énergétique d’un système d’information ne suffit pas à en diminuer le bilan global, une analyse fine du cycle de vie des infrastructures est indispensable.
Mettre en place une politique de gestion des flux de données
La mise en place d’une politique de gestion des données (suppression des doublons, archivage raisonné, limitation du stockage cloud superflu) contribue à diminuer la sollicitation des serveurs et la facture énergétique des centres de traitement. Cette activité de rationalisation constitue un conseil fréquemment formulé par les référentiels du secteur.
Structurer un plan d’action en organisation

La mise en place d’un programme dédié suppose une approche systémique qui dépasse les seuls gestes individuels. Le guide interministériel MiNumEco (2023) identifie neuf thématiques structurantes : gouvernance, sensibilisation et formation, mesure et évaluation, réduction des achats, achats durables, phase d’usage et paramétrages, conception des produits en ligne, gestion des centres de données et fin d’usage des appareils.
Diagnostiquer et mesurer
La première étape consiste à réaliser un état des lieux : inventorier le parc d’appareils, évaluer la facture énergétique, mesurer le bilan carbone du système d’information. L’ADEME met à disposition la Base Empreinte, un outil qui centralise les facteurs d’émissions nécessaires à cette comptabilité. Ce diagnostic constitue la fenêtre d’entrée indispensable à toute démarche structurée.
Organiser et former les équipes
La nomination d’un coordinateur et la constitution d’un réseau de référents dans les directions permettent d’ancrer le programme dans l’activité quotidienne de l’organisation. La formation des collaborateurs est un facteur déterminant : la loi REEN prévoit d’ailleurs l’intégration de modules de sensibilisation dans les programmes d’enseignement. Le développement de compétences internes est un investissement durable pour toute entreprise ou collectivité.
Acheter de façon durable et se labelliser
La politique d’achats constitue un axe majeur d’amélioration. Privilégier les produits labellisés (EPEAT, TCO Certified), intégrer des clauses écologiques dans les marchés, recourir au reconditionné et exiger la traçabilité sociale des chaînes d’approvisionnement sont autant de pratiques à systématiser. Ce conseil vaut aussi bien pour les entreprises que pour les collectivités et les acteurs publics.
Le label Numérique Responsable, porté par l’INR en partenariat avec le Ministère de la Transition Écologique, l’ADEME et le WWF, propose deux niveaux d’engagement. Il est ouvert à toutes les organisations et couvre les dimensions écologiques, sociales et de gouvernance. L’obtention de ce label constitue un outil de crédibilité vis-à-vis des clients, des partenaires et des parties prenantes.
Intelligence artificielle : un défi émergent

L’essor de l’IA générative ajoute une dimension nouvelle aux enjeux du secteur. Les modèles de langage nécessitent des capacités de calcul et de stockage considérables. Selon l’enquête Arcep 2025, la facture énergétique des centres de données en France a augmenté de 8 % en 2023, une progression largement tirée par les nouvelles infrastructures dédiées à l’IA. Le volume d’eau prélevée par ces centres a progressé de 19 % sur la même période, atteignant 681 000 m3, en quasi-totalité d’eau potable.
D’après le Baromètre 2025, plus d’un tiers des Français de 12 ans et plus utilisent déjà régulièrement des solutions d’IA générative, et cette proportion atteint 77 % chez les 18-24 ans. Cette adoption rapide pose la question de la soutenabilité du modèle et de la nécessité d’intégrer les principes de frugalité et de conception éco-responsable dès la création des systèmes d’IA. L’évaluation de la pertinence avant le déploiement d’une technologie émergente figure parmi les recommandations du guide MiNumEco, un conseil d’autant plus pertinent que les effets de l’IA sur la facture énergétique sont encore en phase d’accélération.
Se former pour accompagner le changement
La montée en compétences concerne l’ensemble des profils : dirigeants, responsables SI, chefs de projet, ingénieurs, consultants et fonctions support. Les qualifications requises combinent une compréhension des enjeux écologiques, une maîtrise des outils d’évaluation (ACV, bilan carbone), une connaissance du cadre réglementaire et une capacité à piloter des projets de frugalité et de conception durable. Le développement de ces compétences représente un investissement à effet direct sur la performance et la résilience de l’entreprise.
CentraleSupélec Exed propose des formations en développement durable et RSE qui intègrent les dimensions digitales de ces enjeux. Ces programmes s’adressent aux professionnels en activité souhaitant acquérir une expertise opérationnelle et structurer un plan d’action au sein de leur organisation.
Executive Certificate « Acteurs de la transition écologique et sociétale »

Piloter la transition écologique et sociétale ne consiste pas seulement à maîtriser de nouveaux concepts. Il faut aussi savoir transformer une vision en feuille de route, mobiliser les équipes et faire évoluer les pratiques au sein de l’organisation.
L’Executive Certificate « Acteurs de la transition écologique et sociétale » de CentraleSupélec Exed a été conçu pour accompagner cette transformation. Au fil du parcours, les participants développent une approche globale et opérationnelle à travers des thématiques clés :
- stratégie RSE et modèles d’affaires durables ;
- économie circulaire, écoconception et décarbonation ;
- achats responsables et supply chain durable ;
- numérique responsable et gouvernance des données ;
- finance durable et reporting ESG ;
- leadership, gouvernance partagée et conduite du changement.
Au-delà des apports méthodologiques, la formation invite à questionner son rôle de dirigeant, de manager ou d’expert face aux défis environnementaux et sociétaux. Les échanges entre pairs, les études de cas et le projet collectif permettent d’ancrer les apprentissages dans des situations réelles et de construire des solutions directement applicables dans son contexte professionnel.
Certifiante et éligible au CPF, cette formation s’adresse aux professionnels qui souhaitent acquérir les compétences nécessaires pour faire évoluer leur organisation vers des modèles plus durables, plus résilients et créateurs de valeur à long terme.
Supply Chain Durable

Les supply chains sont aujourd’hui au cœur des transformations des entreprises. Entre les exigences de décarbonation, les nouvelles réglementations, les tensions sur les ressources, les attentes des clients et la nécessité de renforcer la résilience des organisations, les responsables Supply Chain doivent relever un défi complexe : transformer leur chaîne de valeur tout en maintenant la performance opérationnelle.
La formation Supply Chain Durable de CentraleSupélec Exed a été conçue pour répondre à cette réalité de terrain. Son objectif n’est pas seulement de sensibiliser aux enjeux environnementaux et sociétaux, mais de donner aux participants les méthodes et les outils nécessaires pour agir concrètement.
Au fil du parcours, les participants apprennent à :
- intégrer les exigences de la CSRD et les principaux cadres réglementaires dans leurs décisions ;
- identifier les principaux leviers de décarbonation de leur supply chain ;
- concevoir des réseaux logistiques plus sobres et plus résilients ;
- intégrer l’économie circulaire dans leurs modèles opérationnels ;
- sélectionner et accompagner des fournisseurs engagés dans une démarche de durabilité ;
- construire des indicateurs pertinents pour piloter la performance extra-financière ;
- élaborer une feuille de route réaliste et adaptée aux enjeux de leur organisation.
La formation accorde une place importante à la mise en pratique. Études de cas, simulations, ateliers collaboratifs et travaux appliqués permettent de confronter les concepts aux réalités opérationnelles. Chaque participant est invité à travailler sur ses propres problématiques afin de repartir avec des pistes d’action directement mobilisables.
Cette formation apporte une nouvelle lecture du rôle de la supply chain dans l’entreprise. Longtemps perçue comme une fonction d’exécution, elle devient un outil capable de contribuer à la performance économique, à la maîtrise des risques et aux objectifs de durabilité. Pour les professionnels qui souhaitent anticiper les évolutions du métier et accompagner la transformation de leur organisation, cette formation offre un cadre concret pour passer à l’action.
FAQ

Qu’est-ce que le numérique responsable ?
Il s’agit d’une démarche d’amélioration continue qui vise à réduire le bilan écologique, social et économique du digital. Elle couvre l’ensemble du cycle de vie des appareils et des produits, depuis la conception jusqu’à la fin de vie, et intègre des dimensions telles que la conception éco-responsable, la frugalité des usages, l’accessibilité, l’inclusion et l’éthique. Elle s’appuie sur des référentiels reconnus comme le RGESN et le guide MiNumEco.
Quelles sont les obligations légales en France ?
Le cadre réglementaire repose principalement sur la loi AGEC (2020) et la loi REEN (2021). La première impose notamment l’affichage d’un indice de durabilité et des obligations d’achat durable pour les acteurs publics. La seconde exige des grandes entreprises et ETI la mise en place d’actions de réduction de la facture énergétique et d’un reporting associé. Les collectivités de plus de 50 000 habitants doivent disposer depuis le 1er janvier 2025 d’une feuille de route dédiée. La directive européenne CSRD ajoute des obligations de reporting pour les entreprises incluant le volet digital.
Quel est le bilan écologique du secteur en France ?
Selon l’ADEME (chiffres 2022, publiés en janvier 2025), le secteur représente 4,4 % du bilan carbone national (29,5 MtCO2e), 11 % de la facture électrique (51,5 TWh) et mobilise 117 millions de tonnes de ressources par an pour la fabrication des appareils, soit 1,7 tonne par habitant. Les centres de données pèsent 46 % du bilan carbone et les équipements terminaux 50 %. Sans action, ces effets pourraient tripler d’ici 2050.
Comment structurer un programme au sein de son organisation ?
Le programme repose sur plusieurs étapes : réaliser un état des lieux (parc d’appareils, facture énergétique, produits en ligne), nommer un coordinateur et constituer un réseau de référents, former les collaborateurs, définir un plan couvrant les achats durables (reconditionné, labels EPEAT/TCO), les pratiques quotidiennes (frugalité, paramétrages), la conception éco-responsable et la fin de vie (réemploi, recyclage DEEE). Le label de l’INR offre un cadre de progression structuré, reconnu par les clients et les partenaires.
Quel est le lien entre l’intelligence artificielle et ce sujet ?
L’IA générative amplifie les enjeux du secteur. Les modèles d’IA nécessitent des capacités de calcul et de stockage élevées, ce qui se traduit par une augmentation de la facture énergétique des centres de données (+8 % en 2023 selon l’Arcep) et de leurs prélèvements en eau (+19 %). Intégrer les principes de frugalité et de conception durable dès la création des systèmes d’IA, évaluer la pertinence de chaque déploiement et mesurer les effets associés sont des pratiques indispensables pour maîtriser cette trajectoire.
Références
- ADEME, Mise à jour de l’étude sur le bilan écologique du secteur en France, chiffres 2022, janvier 2025.
- Arcep, Enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », édition 2025, chiffres 2023.
- GreenIT.fr, Bilan écologique du digital mondial, mise à jour 2025 (chiffres 2023).
- MiNumEco (DINUM, INR), Guide de bonnes pratiques pour les organisations, version 1, 2023.
- Loi n°2021-1485 du 15 novembre 2021 (loi REEN).
- Loi n°2020-105 du 10 février 2020 (loi AGEC).
- UNICEF, Travail des enfants dans les mines de cobalt en RDC, 2014.
- Rapport sur l’exposition des jeunes aux écrans, remis au président de la République, avril 2024.